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La nouvelle fiscalité du couple

Aujourd’hui, la fiscalité prend en compte les différents couples : concubins, pacsés, et époux mariés.
La loi pour le travail, l’emploi et le pouvoir d’acaht, dite loi « TEPA » du 21 août 2007 contient des dispositions intéressant cette fiscalité des couples.

 

Le concubinage.

Cette nouvelle loi n’a pas prévu de mesures particulières concernant Ses concubins. La fiscalité leur reste très défavorable puisqu’ils se voient appliquer des droits de donation ou succession au taux de 60%. Les concubins ne sont pas héritiers l’un de l’autre et un testament doit obligatoirement être rédigé pour transmettre des droits au survivant.

 

Le PACS.

Le PACS est un contrat conclu entre deux personnes physiques majeures pour organiser leur vie commune. La loi TEPA prévoit de nouvelles dispositions fiscales : Auparavant, le partenaire pacsé bénéficiait d’un abattement de 57.000. €, puis était taxé au taux de 40 % et 50% au titre des droits de mutation à titre gratuit (succession ou donation).

Aujourd’hui, le partenaire pacsé survivant est exonéré de droits de succession, pour les décès survenus à compter du 22 août 2007.

En revanche, il est très important de noter que les partenaires pacsés ne sont pas héritiers l’un de l’autre. Il est donc impératif de rédiger un testament. A noter également que la loi du 23 juin 2006 (réforme des successions et donations) entrée en vigueur le 1erjanvier 2007 a également modifié la réglementation d’origine liée au PACS, Désormais, son principal inconvénient, la présomption d’indivision, n’est plus la règle. Aujourd’hui chacun est propriétaire de ce qu’il acquiert, les partenaires pacsés pouvant désormais choisir d’être soumis à un régime de séparation de biens.

Ainsi, pour les contrats signés sous l’empire de la loi initiale, ils ont le plus grand intérêt à modifier leur convention afin d’éviter de se trouver soumis à une présomption d’indivision qu’ils n’ont certainement pas choisie. Les partenaires pacsés ne sont pas exonérés de droits de donation mais continuent de bénéficier d’un abattement personnel. Cet abattement a été calqué sur celui dont bénéficie le conjoint survivant par la loi TEPA. Il a été porté de 57.000 € à 76.000 €.

Cet abattement est remis en cause si le PACS prend fin au cours de l’année civile de la conclusion de la donation ou de la suivante, pour un motif autre que le mariage ou le décès de l’un des partenaires.

 

PACS ou mariage ?

La protection juridique du conjoint reste plus importante que pour les partenaires pacsés. La fiscalité des époux mariés a également été profondément remaniée.
Auparavant, le conjoint bénéficiait d’un abattement de 76.000 € pour les donations et les successions. Désormais, cet abattement ne s’applique plus que pour les donations de biens présents (donation effectuée pendant le mariage). A noter que depuis la loi ayant modifié le régime des divorces, de telles donations sont irrévocables : le donateur ne peut plus les remettre en cause. Cette solution devient dorénavant intéressante pour l’époux qui veut favoriser son conjoint.

Pour les successions, la loi TEPA a exonéré le conjoint survivant de doits de mutation par décès. Cette exonération produit en outre des effets indirects : en cas de donation de biens propres, le donateur prévoit parfois une réserve d’usufruit (il conserve le droit d’usage, les fruits et les revenus du bien). Fréquemment, il prévoit également la réversion d’usufruit au profit de son conjoint Cette réversion était taxée aux droits de mutation par décès et les droits dus pouvaient être importants compte tenu de la réévaluation du barème de l’usufruit.
Désormais, cette réversion d’usufruit sera également exonérée. Par ailleurs, dans le cadre de l’assurance-vie, le principe reste l’exonération car ce contrat n’entre pas dans la succession.

Cependant, dans certains cas, il peut y avoir une fiscalité (par exemple le prélèvement de 20% pour les sommes versées au delà d’un certain capital). Lorsque le bénéficiaire du contrat sera exonéré de droits de succession (en l’occurrence le partenaire pacsé ou le conjoint), il sera également exonéré du prélèvement.

 

Quid de la donation entre époux ?

La donation entre époux reste toujours d’actualité. Elle permet d’avantager le conjoint survivant.

En présence d’enfants, elle ouvre trois choix, qui s’effectueront par le conjoint au décès :
Il peut opter pour la totalité en usufruit.
Il peut opter pour la quotité disponible, soit : la moitié en présence d’un seul enfant, un tiers en présence de deux enfants et un quart s’il a trois enfants ou plus.
Il peut opter pour un quart en pleine propriété et trois quarts en usufruit. L’option pour l’usufruit par le conjoint ne fait pas doublon avec l’usufruit légal accordé par la loi, il le sécurise.

Dans certains cas, et compte tenu des nouvelles dispositions fiscales, le conjoint aura intérêt à opter pour une large quotité afin d’appréhender le maximum en franchise de droits, puis de prévoir des donations ou donations-partages pour diminuer ou rendre non taxable la deuxième succession.

Par ailleurs, le conjoint survivant qui bénéficie d’une donation e époux peut limiter, « cantonner » la donation et décider de recevoir seulement une partie des biens qu’il reçoit, voire un bien en particulier. Fiscalement, ce n’est pas considéré comme une donation. Le cantonnement permet une liberté accrue dans la gestion du dossier de succession. Enfin, l’optimisation fiscale est indispensable, mais il ne faut pas perdre de vue les intérêts civils.
En effet, par exemple :
le PACS permet une optimisation fiscale mais il crée des obligations : les partenaires s’engagent à une assisance réciproque assimilable au devoir de secours entre époux; il est possible de prévoir un aménagement du régime matrimonial pour une libre disposition de la résidence principale, aménagement utile notamment dans le cas (de plus en plus fréquent) des familles recomposées.