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ASSURANCE VIE : d’une acceptation « subie » à une acceptation « concertée » du contrat.

Depuis la loi du 17 décembre 2007, le souscripteur d’une assurance-vie ne subit plus les effets indésirables de l’acceptation par le bénéficiaire. Le régime de l’assurance-vie repose sur la faculté de payer les sommes garanties « lors du décès de l’assuré à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés », à la condition que ces derniers acceptent le bénéfice du contrat.
br/> Mais le ou les bénéficiaires pouvaient également exercer cette acceptation, expresse ou tacite, du vivant de l’assuré, ce qui rendait irrévocable l’attribution du bénéfice de l’assurance. La jurisprudence a rapidement consacré le fait qu’effectuer des retraits, mettre en gage ou obtenir une avance sur contrat devait être assimilé à une révocation de fait du bénéficiaire et a par conséquent subordonné ces actes à l’autorisation du bénéficiaire acceptant, ce qui a suscité les plus vives critiques, le souscripteur étant de fait privé de la possibilité, par exemple, d’augmenter ses revenus par des rachats partiels de son contrat. II aura fallu six années pour qu’enfin une réforme voie le jour.

La loi du 17 décembre 2007 « permettant la recherche des bénéficiaires des contrats d’assurance sur la vie non réclamés et garantissant les droits des assurés » modifie le Code des assurances en subordonnant à l’accord écrit du souscripteur, par avenant ou dans un acte authentique ou sous seing privé notifié à l’assureur, les effets de l’acceptation bénéficiaire. Ces effets sont désormais expressément décrits dans le Code des assurances, qu’il s’agisse de la faculté de rachat, de l’obtention d’une avance sur contrat ou du nantissement postérieur à l’acceptation bénéficiaire.

Dans la pratique, on peut présumer que l’assureur confronté à une tentative d’acceptation unilatérale du bénéficiaire la transmettra au souscripteur par le biais d’un projet d’avenant, qui n’entraînera les effets de l’acceptation qu’une fois signé par l’intéressé. Ces nouvelles règles ont donc non seulement le mérite de clarifier une matière devenue confuse, mais permettent surtout d’abandonner l’acceptation subie, source de conflits familiaux, au profit d’une acceptation concertée, protectrice du souscripteur-assuré. D’effet immédiat, la nouvelle loi ne vise que les acceptations intervenues après son entrée en vigueur, le 17 décembre 2007.

Les acceptations bénéficiaires antérieures au 17 décembre 2007 effectuées sans l’accord écrit du souscripteur pouvaient apparaître discriminatoires pour celui-ci, en lui imposant les mêmes conséquences que celles d’une acceptation qu’il aurait autorisée. La Cour de Cassation, dans un arrêt du 22 février 2008, libère les souscripteurs concernés en considérant que l’acceptation effectuée avant le 17 décembre 2007 ne les prive pas du droit au rachat prévu au contrat.